LA VÉRITABLE
HISTOIRE DE

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Sega,
c'est le meilleur de l'arcade et le plus répendu au
monde,
c'est aussi un éditeur de jeux vidéo de salon dont le
talent est
indéniable malgré le succès mitigé de certaines de
ses consoles
et enfin SEGA C'EST PLUS FORT QUE TOI.
Voici donc la formi-
dable histoire de ce géant du jeu vidéo et du
divertissement !
| Introduction Cet
article se veut une révision complète, la plus
proche possible de la vérité, de l'histoire de Sega,
contrairement à l'ancien article,
qui n'était qu'une simple traduction libre de l'histoire
proposée par le site System16 (un
des plus anciens articles trouvables à ce propos
sur Internet), et comportant malheureusement
beaucoup d'erreurs, en plus d'être relativement
succint, comme en définitive, la plupart des
articles sur l'histoire du géant bleu, aussi
bien sur Internet, que dans la presse.
|

|
Il faut
savoir avant tout que la rédaction de cet article a
été une tache assez difficile, puisqu'il est quasi
impossible de trouver des sources suffisamment fiables,
précises et détaillées.
Si les sources "officielles" se contredisent
elles-mêmes, il est d'autant plus impensable de faire
confiance aux diverses sources amateurs sur Internet, qui
ont tendance à se copier les unes sur les autres, sans
pour autant reproduire le même son de cloche (on
pourrait presque parler de téléphone
arabe !).
Un gros
travail de recherche et de recoupage d'informations a
donc été nécessaire en vue de sortir de tout ce joyeux
bordel, une histoire "normalement" très proche
de la vérité !
La plupart des noms de personnes, sociétés, ou jeux,
rencontrés en japonais sur Internet ou dans la presse,
comportent ci-dessous leur transcription japonaise, pour
faciliter d'éventuelles recherches. A noter que les noms
de personnes d'origine japonaise, sont toujours données
dans ce cas dans l'ordre nom-prénom.
Si tout
démarre réellement en 1951, il convient de remonter à
1940 pour aborder un peu le background de certains des
acteurs principaux dans cette aventure...
Années 40
1940 -
La société Standard Games est
fondée par 3 Américains, Marty Bromley, son
père Irving Bromberg, et James Humpert,
à Honolulu (capitale
de Hawaï). Son activité réside dans la distribution de
machines de divertissement (notamment des jukeboxes) dans
les bases militaires américaines.
Années 50
1950 -
La guerre de
Corée (1950 -
1953) éclate, des soldats américains sont envoyés en
nombre sur place et dans les environs, notamment dans des
bases militaires situées au Japon, ce pays étant inclus
dans le périmètre de défense américain.
1951 -
Deux Américains, Raymond J. Lemaire et Richard
D. Stewart, fondent la société Lemaire
& Stewart (レメーヤー&スチュアート) au
Japon. Cette société, dont Stewart est
Président, est spécialisée dans l'importation,
la distribution, et la maintenance de jukebox,
dans les bases militaires américaines sur le sol
japonais. Elle est notamment en affaires avec la
société Standard Games,
pour l'importation de jukebox.
| D'après les dires
de Marty Bromley, Ray
Lemaire et Dick Stewart
auraient rejoint sa société en 1945,
avant de partir fonder leur propre
société au Japon en 1951. |
|

Jukebox Seeburg
HF100G (1953)
|
1952 -
Fin 1951, face à une demande énorme et une opportunité
à saisir sur le marché du divertissement au Japon, Marty
Bromley décide d'y déménager son activité et
rejoint Lemaire & Stewart,
pour créer une filiale de celle-ci nommée Service
Games (enregistrement en Mai 1952), en vue
de diversifier l'activité de cette première, avec l'importation
de machines à sous ("coin-op" en anglais)
diverses, telles que des flippers.
1954 -
La société Lemaire & Stewart
change de nom et devient Service
Games (サービスゲームズ).
David E. Rosen, un Américain installé
au Japon après la guerre de Corée, fonde Rosen
Enterprises (ローゼン エンタープライゼス),
une
société dont l'activité principale est l'importation
de photomatons (cabines
photos instantannées), qu'elle distribue sous la
marque Photorama / Nifun
Shashin (二分写真),
littéralement "photo en 2 minutes".
| Après avoir passé
3 années au Japon (1949 - 1952) en tant
que soldat américain mobilisé pendant
la guerre de Corée, David Rosen
tombe amoureux de ce pays et s'y installe. |
|

David Rosen
(zoom)
|
1956 -
Les affaires sont bonnes pour David Rosen,
aussi décide-t-il d'étendre son business à l'importation
de machines à sous diverses ; essentiellement
des jeux de tir, dont Bear
Gun
pour le plus connu, un jeu originalement produit
par la société américaine Seeburg
(un des plus gros fabricants de jukeboxes aux USA)
sous le nom Shoot
the Bear (1947
- 1949).
Véritable rayon de soleil dans la vie morose d'après-guerre
des Japonais, ces jeux deviennent rapidement
populaires et propulsent Rosen comme
leader incontournable dans le secteur du
divertissement.
| Rosen
rachetait des jeux dont la production s'était
arrêtée depuis plusieurs années aux
USA, pour une somme dérisoire et les
renvendait plus cher aux Japonais, qui
eux n'avaient jamais rien vu de tel ! |
|

Shoot the Bear |
1957 - Service
Games change sensiblement de nom et
devient Service Games Japan
(サービスゲームズ・ジャパン).
En interne, les employés japonais prennent l'habitude
d'utiliser la contraction "SEGA"
pour désigner "SErvice
GAmes"
; une contraction qu'ils utilisent notamment sur
les emballages...
Les Japonais sont très friands de
contractions, appelées wasei-eigo (和製英語),
et faites à partir de mots étrangers
transcrits dans leur langue, plus
pratiques à prononcer pour eux. |
|

Les voitures de
la société avec le logo Service Games
|
Années 60
1960 - Service
Games Japan désire produire ses
propres machines et se divise en 2 divisions
distinctes, avec des noms japonais : la division
business, nommée Nihon Goraku Bussan
(日本娯楽物産),
avec Richard Stewart à sa tête, et la
division production, nommée Nihon
Kikai Seizô (日本機械製造),
avec Raymond Lemaire à sa tête.
Le jukebox reste leur produit phare ; c'est ainsi
que le SEGA-1000,
premier jukebox domestique, sort des usines de la
Nihon Goraku Bussan,
sous la marque "SEGA",
en référence à la contraction précédemment
mentionnée.
| La division
production est plus ou moins toujours
restée dans l'ombre de la division
business. On les trouve aussi
respectivement sous les noms de Nippon
Kikai Seizo et Nippon
Goraku Bussan,
littérallement "Fabrique de
machines japonaise" et "Produits
de divertissement japonais" |
|

SEGA-1000 |
1962 -
Première édition de l'Amusement
Machine Show, un
festival dédié à l'amusement et au divertissement, se
déroulant au Japon chaque année.
1964 -
Les 2 divisions, Nihon Goraku Bussan
et Nihon Kikai Seizô,
fusionnent pour de nouveau former qu'une seule entité,
conservant cependant le nom japonais de Nihon
Goraku Bussan, associé à Service
Games Japan.
| 1965 - Nihon
Goraku Bussan et Rosen
Enterprises unissent leurs forces,
pour créer Sega Enterprises
(セガ・エンタープライゼス)(1),
une société destinée à devenir un grand
acteur dans le domaine du divertissement au Japon,
ainsi qu'à l'étranger, avec à sa tête David
Rosen. Cette nouvelle société est basée
à Haneda, dans la banlieue proche de Tôkyô (arrondissement
d'Ôta),
aux abords de l'aéroport
international de Tôkyô-Haneda. |

Premier logo
|
| Selon certaines
sources, il s'agirait plutôt d'une
absorption par Rosen, d'un de
ses 2 principaux concurrents avec Taito,
en vue notamment d'acquérir leur usine.
Mais il est toujours plus classe de
parler de fusion. |
Sega
met sur le marché Skill
Diga (スキルディガ),
considéré comme un ancêtre des futurs jeux de
grue, "crane game" en anglais (クレーンゲーム),
bien connus de la série UFO Catcher,
dans lesquels le joueur voit sa dextérité mise
à l'épreuve en vue d'attrapper un prix !
|

Skill Diga
|
1966 - Sega
produit son premier jeu d'arcade, Periscope (ペリスコープ)(2), un
jeu électro-mécanique dans lequel on tire des
torpilles depuis le périscope d'un sous-marin,
pour détuire des navires.
Proposant divers effets visuels et sonores, le
succès est immédiat et il est exporté dans le
monde entier ; aux USA, il est le premier jeu à
demander 25 cents pour une partie, ce qui
deviendra le prix de référence dans le domaine.
| Ce jeu se classe
dans la catégorie EM Games ou EreMeka (エレメカ),
pour "Electro-Mechanical",
respectivement aux USA, ou au Japon. |
|

Periscope (side / front / inside) |
1968 -
La société de distribution de jeux d'arcade, Esco
Trading (エスコ貿易), est
fondée par le Japonais Hayao Nakayama (中山隼雄), et compte
Sega parmis ses principaux
fournisseurs.
| 1969 -
Après plusieurs mois de négociations, suite à
l'intérêt sucité par la réussite de Periscope,
Rosen accepte de vendre Sega
Enterprises au conglomérat
américain Gulf and Western
Industries Inc. (aussi détenteur
de Paramount Pictures),
mais y continue en tant que Président/CEO
("Chief Executive Officer"). |

Logo Paramount
Pictures |
Années 70
1972 -
Dans la série des "EM Games" se
rapprochant de plus en plus des jeux vidéo, on
note la production de Sea
Devil (シーデビル) et
Killer
Shark (キラーシャーク)(3),
deux jeux de tir sous-marin très proches, où il
faut respectivement chasser le diable de mer (raie
manta) ou le requin tueur !
| Killer
Shark est connu pour faire une
apparition remarquée dans le film culte JAWS,
alias Les dents de la mer,
de Steven Speilberg en 1975 ! |
|

Killer Shark
(side / front / film) |

Sea Devil (front) |
1973 - Sega
se lance dans la production de jeux vidéo en
arcade, avec son premier titre, Pong-Tron (ポントロン),
un clone, comme son nom l'indique, du fameux jeu
de tennis Pong,
sorti l'année d'avant en arcade chez l'américain
Atari. Il
est rapidement suivi de Pong-Tron
II,
permettant à 2 joueurs de s'affronter en duel.
Cette même année, probablement pour marquer l'évennement,
Sega change de logo et
opte pour un design plus original, proche de la
forme définitive qu'on connaît aujourd'hui. Un
logo qui mettra cependant du temps à s'imposer...
Pong-Tron
: 07/1973
Pong-Tron
II
: 11/1973 |

Second
logo
|
| Pong-Tron
est le tout premier jeu vidéo sorti au
Japon. Il est suivi de très près par l'équivalent
de Taito, sorti
la même année sous le nom d'Elepong
! |
|

Pong-Tron (moniteur
17") |
1973 -
2001 à venir...

Le saviez-vous
?
- (1)
Le nom Sega Enterprises
associe la marque "SEGA",
utilisée par Nihon Goraku
Bussan, et le mot "Enterprises"
de Rosen Enterprises.
Le choix stratégique de la marque "SEGA"
s'explique par la popularité de celle-ci
déjà à cette époque...
- (2)
Le jeu Periscope
est jouable dans le Vol.26
: Dynamite Deka
de la série Sega
Ages 2500
sur PlayStation 2 (Japon seulement),
grâce à un simulateur.
- (3)
Il existe sur Internet un simulateur
téléchargeable gratuitement du jeu Killer
Shark,
produit par Daemon Keep Games !
(site
officiel)
|
Démentis et
légendes urbaines
- De
nombreux sites affirment que David Rosen
est le créateur de la marque "SEGA",
mais elle existait donc bien avant ; la preuve en
est : la production du jukebox SEGA-1000
cinq ans avant la fusion qui amena Rosen
à la tête de Sega.
- Sega,
au plus loin de ses origines (1951), a toujours
été une société japonaise. Les principaux
acteurs sont tous Américains (au nombre de 4 : Lemaire,
Stewart, Bromley et Rosen),
mais les différentes sociétés impliquées dans
la création de Sega Enterprises,
telle qu'on la connaît, ont toutes été
créées sur le sol japonais et ont exercé leurs
activités en premier lieu sur ce territoire.
- A ce
titre, si les sources officielles américaines (site
de Sega
of America)
parlent de la société Standard
Games, basée en Amérique (Hawaï)
au tout début des origines de Sega,
il faut savoir que cette société est un acteur
secondaire ; les sources officielles japonaises,
n'y font même aucune allusion, tout comme la
plupart des sources amateurs (exception faite de Wikipedia et
quelques rares autres articles, qui ne
fournissent cependant aucun lien explicite).
Quand on sait surtout à quel point il est
difficile pour une société étrangère de s'implanter
au Japon, on en déduit que c'est une façon d'américaniser
et d'antérioriser les origines de la société.
Aucun lien clair n'est d'ailleurs établi entre Standard
Games et Service Games
en dehors du déménagement et de l'enregistrement
respectifs la même année de ces 2 sociétés
dans les sources officielles américaines (ils
jouent sur les mots).
- La Nihon
Goraku Bussan, contrairement à ce
qui est souvent dit, n'est pas à l'origine une
société à part entière, mais une division,
faisant partie de la société Service
Games Japan. De même, on trouve
souvent la Nihon Goraku Bussan
au début des origines de Sega
en 1951, parfois mentionnée comme une "usine",
ce qui est incorrect, puisque c'est bien après
des changements de nom et des remaniements que
cette division a vu le jour en 1960, et ce n'est
qu'en 1964 qu'elle peut être considérée comme
une société, comprenant une usine, en devenant
finalement le nom japonais associé à Service
Games Japan, qu'on retrouve lors de
la création de Sega Enterprises,
un an plus tard.
Sources
http://www.sega.co.jp/corp/profile/history/
http://www.sega.com/corporate/corporatehist.php?item=corporate_history
http://www.sega-mechatro.com/whats/history/his_table.html
Famitsu Books : Sega Consumer History
Famitsu Books : Sega Arcade History
http://ja.wikipedia.org/wiki/%E3%82%BB%E3%82%AC
http://spitfire.client.jp/shooting/history/game_company.htm
http://www.answers.com/topic/sega-of-america-inc?cat=biz-fin
http://www.fundinguniverse.com/company-histories/Sega-of-America-Inc-Company-History.html ...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sega ...
http://en.wikipedia.org/wiki/Sega ...
http://en.wikipedia.org/wiki/Sega_Technical_Institute
http://www.eidolons-inn.net/tiki-index.php?page=SegaBase+Older+Systems
Liens
relatifs David Rosen : Rosen
Enterprises (DCS),
Interiew
de Rosen par Steven L. Kent (~1996)
Interview
de Rosen par Replay (1975)
Liens
relatifs jeux mécaniques : Sega
EM Games (Marvin3M),
Shoot
the Bear (Marvin3M),
Bear
Gun (DCS), Periscope
Simulator (Sega
Ages 2500 Vol.26)
Origine
photos : Periscope
Restoration, Sega MechaTro, Arcade Flyers,
Marvin's
Marvelous Mechanical Museum, Julebox
Repair Service
Sega Logo
(c) Sega Enterprises, Ltd
Sonic Bubble Artwork (c) Sonic Team 1996
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